La chenille processionnaire du pin

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Depuis les années 70, l’aire de répartition géographique de la chenille processionnaire du pin est en nette progression.

La chenille est présente dans le sud Finistère, tout le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, l’est des Côtes-d’Armor. Seuls, le nord Finistère, et l’ouest des Côtes d’Armor sont indemnes de ce bioagresseur.

Arrêtés Préfectoraux visant à limiter l’exposition des populations de soies urticantes des chenilles processionnaires du pin et du chêne : 

22 – Côtes d’Armor

29 – Finistère

35 – Ille-et-Vilaine

56 – Morbihan

Notice explicative de l’Arrêté Préfectoral chenilles processionnaires

Les dégâts et risques

Quels risques, à quelles périodes ?

 Des poils urticants…

  • Les poils urticants se présentent sous la forme de petits harpons venimeux qui  ont la faculté de rentrer dans les couches inférieures de l’épiderme. Les réactions chez l’humain et l’animal peuvent être des oedèmes, des éruptions cutanées, des démangeaisons, des allergies, de l’oedème conjonctival, cataracte, décollement de la rétine…
  • Des défoliations fortes à très fortes, peuvent entraîner une perte de croissance et un affaiblissement des arbres mais rarement leur mort.

… à risques d’octobre à mai !

  • L’automne, l’hiver et le printemps : le vent provoque la libération des poils urticants contenus dans les nids et les dissémine générant des risques d’accidents allergiques (phénomène rare). Le moment le plus critique se situe lors de la procession des chenilles, de la cime des arbres vers le sol (endroit de la nymphose à quelques centimètres de profondeur). Elles sont donc très accessibles notamment pour les enfants et les animaux (chiens, chats, chevaux…). Les chenilles peuvent parcourir plusieurs dizaines de mètres. La présence au sol de la chenille  est d’autant plus dangereuse qu’elle sort en milieu de journée par beau temps.
  • La fin du printemps et l’été : les nids vides après les processions, peuvent libérer des poils urticants avec le vent. Ils peuvent aussi tomber de l’arbre, entraînant un risque important (enfants, animaux qui jouent avec les nids, adultes qui les manipulent sans protection…) car ces nids sont remplis de poils urticants et doivent donc être manipulés avec grande précaution (gants, lunettes etc,…) et, si possible brûlés.

© FREDON Bretagne

Où la trouve-t-on ?

Sur les pins…

  • Les pins sont les hôtes favoris de la chenille. Elle les choisit de préférence selon l’ordre suivant, le pin noir d’Autriche, le pin laricio de Corse, le pin maritime, le pin insignis, le pin sylvestre. On la rencontre parfois sur les cèdres et autres conifères.

…dans les zones fréquentées par l’homme…

  • Le papillon vole vers les arbres isolés et les clairières ou les lisières Sud/Est, Sud et Sud-Ouest des bois. Ce papillon nocturne est perturbé et attiré par les sources lumineuses. Tous les pins situés dans les zones urbanisées (sur espaces verts, jardins de particuliers, cours d’écoles…) sont des cibles privilégiées pour l’insecte.

© Pixabay – CCO – Public Domain

Cycle de développement de la chenille processionnaire du pin en Bretagne

et actions possibles de lutte

Précautions à prendre

Ne pas toucher les chenilles, ne pas manipuler les nids, éviter les zones à risques durant les périodes critiques.

Informer, surveiller particulièrement les enfants durant les périodes à risques.

La lutte individuelle n’est pas souhaitable, seule la lutte collective est réellement efficace.

© Echenillage – FREDON Bretagne


• Lutte mécanique : couper l’extrémité des branches portant des nids de chenilles processionnaires à l’aide d’un sécateur ou d’un échenilloir. Cette technique est à réserver aux branches basses et nécessite de prendre les précautions d’usage afin de ne pas être au contact avec les poils urticants (se couvrir le tout le corps et les yeux). Technique à mettre en œuvre en période hivernale.

• Lutte par confusion sexuelle : poser des pièges à phéromone pour la capture des papillons mâles (de début juin à fin septembre). Cette technique limite la fécondation des femelles par déséquilibre des populations.

• Lutte par piégeage mécanique : poser des écopièges® autour des troncs de pins avant les processions (durant l’automne). Ce piège doit être méticuleusement installé si l’on veut qu’il soit efficace. Il ne doit pas y avoir d’espace entre la gouttière et le tronc de l’arbre, car sinon les chenilles s’échappent. Ne pas oublier de décrocher les sacs pour les détruire entre les mois d’avril et de mai.

• Lutte biologique : poser des nichoirs à mésanges, cela permettra à cet auxiliaire de s’implanter durablement.

• Choix des végétaux : privilégier la plantation d’autres arbres que les pins.

 Traiter lors de la période à risque… c’est déjà trop tard…

  • Les produits phytosanitaires chimiques qui permettaient de lutter contre la chenille processionnaire du pin ne sont plus utilisables. Aujourd’hui, la lutte se fait grâce à un produit phytosanitaire biologique à base de Bacillus thuringiensis kurtstaki, bactérie aux propriétés entomopathogènes. L’application du produit doit être réalisée uniquement sur les larves au stade jeune (L1 à L3) de la processionnaire du pin, ce qui correspond à une application à l’automne.
  • Sous cette forme, la lutte individuelle n’est pas souhaitable, la lutte collective donne de meilleurs résultats.

Pour plus d’informations, contactez la FDGDON de votre département.

Afin de mener une lutte efficace, la surveillance du stade du bio agresseur est primordiale. C’est à partir des observations réalisées sur le terrain que les dates de lutte sont définies. Il est nécessaire que celle-ci soit organisée, raisonnée et décidée sur l’ensemble d’un territoire plutôt que de manière isolée.

La lutte n’a pas pour but d’éradiquer le parasite mais uniquement de limiter les dégâts pouvant être engendrés sur végétaux et les nuisances sur les humains et les animaux. La lutte ne doit pas être systématique mais décidée en fonction des stades et de la dynamique de population et réalisée de manière collective sur l’ensemble du territoire pour une bonne efficacité.

Traitement produit phytosanitaire biologique à base de Bacillus thuringiensis kurtstaki

© Photo : Lionel BROSSARD

 

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État des lieux dans les Côtes-d’Armor

Elles sont très présentes en Bretagne. Pour les surveiller, un réseau de piège des papillons est mis en place par FREDON Bretagne sur 18 sites. 

La processionnaire du pin est présente sur le département des Côtes-d’Armor depuis la fin du XX siècle. Elle a été observée principalement sur la côte est du département : Cap Erquy, Cap Fréhel. Dans les années 2012/2014, elle a été observée dans la Bais de Saint Brieuc. Et dans les années 2020, elle a atteint la Côte du Goëlo

La surveillance nous permet de connaitre son évolution. Le territoire de Guingamp, Lannion ne semble pas encore impacté. D’après l’INRAe sa progression est de l’ordre de 5Km/An. Cette colonisation est directement liée au réchauffement climatique, mais aussi à sa ressource alimentaire, les pins et les cèdres ont été fortement plantés au XX siècle.

En 2025, cette surveillance montre une progression de l’espèce sur le territoire, notamment sur le Goëlo au Nord de Guingamp.

Le réseau d’observation des papillons processionnaires du chêne et du pin

Un nouveau réseau d’observations des papillons de processionnaires du chêne et du pin a été mis en place sur les quatre départements bretons. Ce réseau a pour but de mieux connaître la dynamique de populations de ces chenilles urticantes (aire de répartition, impact du climat sur les cycles de reproduction, périodes propices d’interventions pour la lutte).

Le piégeage est réalisé à l’aide de phéromones sexuelles spécifiques à chaque espèce qui attirent les papillons mâles. Les pièges mis en place sont des pièges entonnoir. Les mâles s’agglutinent autour de la phéromone qui se situe au milieu du piège, et finissent par tomber à l’intérieur de celui-ci (cf photo).

[Données 2024] : Le réseau de piégeage est composé de :

• 12 sites de piégeages pour la processionnaire du chêne

• 18 sites pour la processionnaire du pin

 

Les relevés sont réalisés toutes les semaines par des observateurs sur site de mi-juin à mi-septembre. Ils permettront d’évaluer la répartition géographique et l’intensité future de la présence de chenilles.

Pour en savoir + 

Le cadre réglementaire dans les Côtes-d’Armor

4 Arrêtés préfectoraux visant à limiter l’exposition des populations aux soies urticantes des chenilles processionnaires du pin et du chêne viennent d’être pris dans chacun des départements bretons.

© FREDON Bretagne

Moyens de lutte mis en place sur le Département

Les chenilles processionnaires du pin posant des problèmes depuis des années, de nombreuses méthodes existent pour limiter l’infestation.

Les méthodes seront différentes en fonction de la période, de la zone et de la surface traiter.

Pour plus d’information, nous contacter.

Nous vous conseillerons et nous rétrocédons le matériel pour une lutte par piégeage.

Je suis un particulier

Je contacte ma mairie ou la FDGDON 22 en détaillant ma localisation précise, le nombre d’arbres exact à traiter, leur hauteur ainsi que le nombre de cocons estimés sur ces arbres.

La FDGDON 22 vous contactera pour établir une proposition chiffrée.

Je suis une collectivité

Le maire est le premier acteur concerné par la sécurité sanitaire de ses concitoyens :

  • Il fait appliquer la réglementation nationale et départementale sur le territoire communal pour laquelle il reste juridiquement compétent ;

  • Il met en œuvre les mesures de prévention et de gestion sur les lieux qui relèvent de sa compétence : cours d’école, bords de routes communales, espaces verts.

  • Il veille à ce que les nouveaux aménagements prennent en compte ce risque.

 Plaquette informative

Recueil des méthodes de lutte

Vade-Mecum d’aide à l’élaboration d’un plan local d’action contre les chenilles processionnaires

Tout savoir sur la lutte

Affiche – Notice explicative Arrêté Préfectoral 

 Notice explicative  Arrêté Préfectoral 

Panneau d’information : secteur infesté